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Sur le corsaire de Sépé

Au début de 1779, d’après son rôle matricule, Baptiste Dibiry embarque sur « L’Audacieuse ». Le rôle d’équipage n’a pu être trouvé (bizarrement, car les archives sont complètes). C’est un important corsaire de Bayonne, d’une jauge de 350 tonneaux, armé de 20 canons, appartenant au Sr Rouy  et commandé par Jean Sépé.

Voici ce que dit la matricule en l’année 1779 :

" Le 8 avril en course sur l’audacieuse de Bayonne Capne Sépé. Pris par les anglais et conduit à Saint Pierre, il est revenu à St Malo sur le Paquebot le (laissé en blanc)  et s’est présenté en ce bureau."

Jean Sépé, fils d’un notaire d’Ossès, était un des plus fameux corsaires de Saint Jean de Luz. Il captura plus de vingt navires anglais et en rançonna cinq.

Lors de sa campagne de début 1779, ce corsaire sera pris et son armateur disparaitra rapidement « le corsaire réarma et fut pris par les anglais et sans avoir fait aucune prise. L’armateur de ce même corsaire s’exp___ furtivement peu de temps après qu’il en___ la dernière liquidation particulière ». (AD 64 1J1127, bateaux corsaires sortis entre 1778 et 1782).

On trouve le récit de la prise de l’Audacieuse dans le dossier d’officier de Jean Sépé aux archives Nationales (Marine C 7 306).

Sépé adresse un courrier à Monsieur de Sartine ministre de la Marine dans lequel il explique que, ayant rencontré le 29 mai 1779 un convoi de 25 navires anglais à « l’ouverture du canal de Bristol », il avait voulu se positionner pour attaquer un de ces navires qui aurait pu se laisser décrocher du convoi. Il imaginait que ce convoi était escorté par un navire de Sa Majesté et s’en méfiait.

        « Le 29 mai 1779 vers les 8 h du matin nous

Appercumes au vent à nous ( ?) une flotte de 25 Nres (navires), j’imaginai qu’elle

devait être anglaise, en conséquence je me déterminai à lui donner

chasse, quoique de loin et en me mettant sur mes gardes

présumant qu’elle pouvait être escortée par quelque

Vaisseau armé , en faisant en conséquence petite voile…. ».

La nuit venant et le brouillard étant tombé, il se retrouve le lendemain nez à nez avec le vaisseau escorteur du convoi anglais, une frégate armée de 36 canons, « La Licorne ».

Le combat s’engagea mais ayant perdu environ 40 hommes il fut obligé de se rendre.

Cete prise fera l'objet d'un compte rendu dans le journal anglais "The Universal Magazine" en septembre 1779 :

"I have the pleasure to inform their lordships that Capt. Cadogan, in his Majesty's ship Licorne, on the 31st of May fell in with and took L'Audacieuse  French privateer of twenty-four six-pounders,and 194 men,who engaged him half an hour. The pivateer had 22 men killed and 17 wounded.The Licorne had only one man wounded."

Sépé fut emmené en captivité à Terre Neuve avec ses hommes et probablement son navire,  le convoi n’ayant certainement pas voulu rebrousser chemin. Il en profita pour étudier l’île et dans le même courrier il explique à Sartine les moyens qu’il faudrait mettre en œuvre, selon lui, pour la capturer.

Il fait même des croquis de son lieu de captivité. ( carte 1 et carte 2 )

Plan et perspective du havre Saint-Jean en l'Isle de Terre-Neuve, fait par Jean Sépé, Capne de corsaire à St. Jean de Luz, détenu prisonnier quatre mois audit havre en l'année 1779.

Sépé fut ensute transféré à ses frais en Angleterre et enfin libéré. Baptiste Dibiry  revint sur un navire français à Saint Malo probablement lors d'un échange de prisonniers. Il fut par la suite déclaré hors service de la Marine du Roy.Mais il aura pu continuer à naviguer pour la pêche.

Il était vivant en 1790 lors du mariage de sa fille Marie avec Jean Larramendy. Au-delà de cette période il n’a pas été trouvé d’autres documents sur Baptiste Dibiry.

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