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La migration vers la côte Atlantique

L’ancêtre Bernard de Sarlang,  né vers 1740 à Musculdy, émigra ensuite vers la côte Atlantique et épousa Marguerite Occalar de la maison Carnacherenea à Guéthary le 12 décembre 1764 (p 242 du registre).   On l’appelle alors « Bernard Salaranca fils légitime de Domingo de Salaranca et de Marie Cadette de Belagarri de la paroisse de Musculdy en Soule ». Son épouse décéda rapidement et le 9 septembre 1772 il épousa en secondes noces Etiennette Carricaboure héritière de Hachiarenea aussi appelée Estebenenea à Ahetze. (p 50 du registre)

Préalablement ils avaient signé un contrat de mariage le 19 mars 1772 devant Me Garrin  de Bidart (p 256 du registre).  Dans ce contrat, Bernard Salaranca est dit « marchand »  et il semble être dans les « affaires » si l’on en croît les nombreux actes notariés devant ce notaire qui témoignent de ses prêts et remboursements d’argent (obligations et quittances).

On le trouve ainsi dans un acte notarié du 3 octobre 1778 passé devant Me Dhiriart à Ciboure où, s’étant porté caution d’un boucher, il paiera 450 livres pour des pièces de boucherie.

Le premier enfant de ce mariage décèdera à 3 ans et le second  enfant, Jean Salaranca,  sosa 32, né en 1777, se mariera deux fois, suite au décès de sa première épouse.

La première fois il est « Jean Sarlangue » sur l’acte de mariage du 17 brumaire de l’an 14 (8 novembre 1805) et il signe Sarralangua.

La deuxième fois il est «Jean Sarlangue » et il épousera  à 52 ans, Jeanne Haramboure 46 ans, le 8 février 1827, jour même de la naissance de leur fils Jean (sosa 16) et il signe Sarlangue…..  (p 30 et p 79  du registre)

 La vie de ce couple semble originale car dans l’acte du 23 mars 1841 devant Me Félix Dornaldeguy pour la vente de la part de la maison familiale Maillienia qui revenait à Jeanne Haramboure, il est dit que l’épouse habite Ahetze et l’époux Guéthary.

De plus il est dit que Jean Sarlangue est sur le point « de s’embarquer incessamment pour Montevideo » (Uruguay).(p 165 du registre). La vente a pour but de couvrir les frais de son départ en Uruguay. Il a alors 64 ans et ne reviendra pas en France.

Il est parti en Uruguay avec son fils Baptiste né en 1812, fils issu de son premier mariage avec Marie Mendiboure. Ce fils est enregistré en juillet 1841 sous le numéro 4693 (reg 380) au consulat français de Montevideo en tant que laboureur puis de nouveau en décembre 1841 en tant que maçon sous le numéro  5427.(reg 380)

Il n’y a pas de trace de l’enregistrement de Jean Sarlangue au consulat de Montevideo mais beaucoup d’immigrants ne prenaient pas cette peine. Il restera probablement en Uruguay car en 1855 lors du mariage de son fils, il est dit « décédé mais pas inscrit sur les registres d’Etat Civil »  et  « le lieu de son décès et de son dernier domicile »  sont inconnus.  

En février 1842, peu après le départ de son père pour l’Uruguay, son fils Jean, celui né de sa deuxième union avec Jeanne Haramboure, (le sosa 16), s’engagera comme mousse pour la pêche à Saint Pierre et Miquelon sur le Brick le Flétan. Il a donc 15 ans et sera garçon de grave 1 sur cette île lointaine où tant de basques se retrouvent. La vie là-bas ne doit pas lui plaire car à son retour de cette campagne il veut être radié.

Mais est-ce la nécessité de ramener de l’argent à la maison d’où son père est absent ? En tout cas il repart à la pêche en février 1844 et fera trois nouvelles campagnes à St Pierre et Miquelon. Ensuite il sera enrôlé dans la Royale. De nouveau il voudra renoncer à la navigation et sa carrière maritime se terminera en août 1849 après son congé de la Royale. (sources SHD Rochefort, ,matricules 15P3 73/75 et 78).

La famille Sarlangue restera pendant 4 générations à Ahetze et le patronyme s’écrira de nombreuses façons : Sarlangue,Sarlang, Salarangue, Salaranca, Sallaranca, Carlanga, Carlaga,Sarralangua avant de se stabiliser au début du XIX éme siècle sous sa forme actuelle. Ils seront initialement  laboureurs puis Jean, sosa 16, deviendra marin puis tourneur (sur bois) ou chaisier.

La maison Hachiarenea sera la maison de famille  pendant un demi-siècle puis il s’y ajoutera la maison Betritoenia, aussi à Ahetze. Cette maison rentra dans la famille par Dominiquette Balade (sosa 17) qui épousa Jean Sarlangue le 29 avril 1855.  (p 6 du registre)

Ce couple Jean Sarlangue/ Dominiquette Balade aura 14 enfants dont beaucoup se marièrent en Espagne; il est fort probable que les parents y ont émigré.

Parmi eux Jean Charles Sarlangue, dit Pierre ou Piarres en basque, sosa 8, qui épousera  « la plus belle fille d’Irùn » (de ce que mon père Joseph avait entendu dire de Piarres, son grand père), Gabriella Josepha Susperregui, le 15 juillet 1879 à Irùn.

Jean Charles était chaisier et viendra s’établir à Saint Jean de Luz vers 1884. C’est là que naîtront les enfants du couple successivement  maison Verany rue d’Ascain, 25 rue Tourasse, maison Errecalde près de la Halle puis 42 rue Gambetta.

Le mariage sera de nouveau célébré devant le maire de Saint Jean de Luz  le 10 février 1913 avec mention des enfants précédemment nés.

Jean Charles signera de manière maladroite cet acte de mariage.

La maison Hachiarenea (cadastre D 362) sera vendue le 12 février en 1841 devant Me Petit Bernard  par Jean Sarlangue avant son départ pour l’Uruguay.

La maison Betritoenia (cadastre C 199) sera vendue en 1915 (information issue des matrices cadastrales 3P3-2 ,3P3-3 aux  AD 64). Il existe de nos jours  un chemin Betritoenea dans cette commune.

Note :

1 : garçon de grave : il s’agissait souvent d’un jeune marin (mousse) qui faisait des tâches simples dans la chaîne de préparation de la morue pêchée. Traité des pêches, Duhamel de Monceau,1779

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