Jean de Hirigoity dit Duhulquo, capitaine de navire
et maître chirurgien

Jean Duhulquo, chirurgien, corsaire ... et forban.

St Germain en Laye le 20 janvier 1674

 

Vu par le Roy étant en son conseil

le procès verbal fait par le lieutenant de l’Amirauté de La

Rochelle du __ novembre 1673. Sur le rapport d’horry

pilote de saintonge, d’hulgo chirurgien de St Jean de Luz, de Jean

Baptiste matelot (……………) que les dits horry

et de hulgo se sont embarqués au mois de janvier 1673 à la Rochelle

dans un navire nommé la Chaudière à Sel pour aller aux Isles

de l’Amérique, qu’au mois de juillet le dit navire allant de l’Isle de

St Christophe à la basse terre de cette Isle, il fut pris par

une frégate hollandaise qui mena le dit navire à Corossol où les dits

horry et de hulgo furent mis à terre, où ayant séjourné quelques

jours, le gouverneur de ce lieu fit donner passage dans un

vaisseau hollandais nommé l’Amitié (……......)

et étant au havre de la Bermude la nuit du 23 au 24 sepbre

(…………) ils résolurent de se rendre maistres du dit navire l’Amitié

(…………) ils tuèrent à coup de hache le maistre avec trois matelots

(…………) sa Majesté a déclaré

et déclare le dit navire l’Amitié et marchandises de son chargement

de bonne prise  

 

C’est dans cet arrêt du conseil d’état rendu en présence du roi Louis XIV que débute l’histoire assez extraordinaire de Jean Duhulquo souvent mentionné comme Jean de Hulgo ou écriture avoisinante.

Tous les détails de son aventure aux îles de l’Amérique se trouvent dans un épais dossier déniché après plusieurs années de recherche dans les documents  de l’Amirauté de La Rochelle conservés aux Archives de la Charente maritime. C’est un dossier de plus de 100 pages qui relate en détails tous les actes de son procès tenu à La Rochelle. En voici l’essentiel, complété par des documents issus de l’Amirauté de Guyenne (Archives de la Gironde).

Au début 1673 Jean Duhulquo embarque à 22 ans en tant que chirurgien sur « la Chaudière à sel » navire de 190 tonneaux chargé de diverses marchandises pour les Iles de l’Amérique. L’armateur est Estienne Dharriet important négociant protestant de Bordeaux, de toute évidence d’origine basque. Il a pu s’embarquer au départ de Bordeaux le 26 janvier

                             « David dupuy maistre de la chaudière à sel de bourdx

                             du port de cent nonante thonneaux chargé de diverses

                             marchandises par le sieur dariette pour les Isles de

                             l'lamérique. »

(AD 33, 6B 287, image 33)

ou bien peut être lors du chargement final du navire a La Rochelle autour du 16 février 1673 selon la police d’assurance (Archives Nationales Z1D78).

A noter que la police est souscrite à 18% car  la France et les Provinces Unies sont en guerre, guerre de Hollande ; la course est donc autorisée, le taux de la police reflète les risques encourus.

Arrivé aux îles, vers juillet 1673 , le navire sera pris par une frégate hollandaise de Flessingues. Les hommes de l’équipage sont débarqués et chacun doit essayer de rentrer en France.

Jean embarque comme passager avec Gilles Horry, pilote de La Chaudière à Sel, et un autre compagnon sur un navire hollandais, le vaisseau « l’Amitié » venant de Corossol, pour faire la traversée de retour vers Amsterdam.

Au cours de la traversée, suite à des mauvais traitements, Jean Duhulquo avec ses deux « amis » s’emparent du vaisseau, tuent le capitaine et quelques matelots, laissent les autres matelots d’origine sur un radeau avec vivres et hardes au large des Bermudes, et rentrent à La Rochelle en octobre 1673.

Gilles Horry qui a besoin de payer des dettes à E. Dhariette lui cédera ses droits dans la prise de l’Amitié dès son retour a Bordeaux en décembre 1673.  

L’Amitié sera considérée comme « de bonne prise » par les autorités françaises  en janvier 1674 , et les preneurs peuvent donc le vendre ainsi que ses marchandises.

Les affaires se compliquent à partir de ce moment-là, car il semble qu’il y ait eu malversations : de l’argent aurait disparu et la vente des marchandises, essentiellement des bois exotiques, aurait donné lieu à des dessous de table entre Jean Duhulquo et trois négociants importants de la Rochelle, Louis Caillaud, Elie Chaboisseau et Antoine Allaire. On peut penser qu’ils espéraient ainsi échapper à une partie des taxes dues à l’Amiral de France (qui quelques années plus tard en 1681 devinrent le « dixième de l’Amiral, soit 10% de la valeur des profits générés par la prise).

Voici ce qui est écrit :

Ont été vendu à vil prix et amoindri de moitié de leur

juste valeur à qui étant nécessaire de pourvoir

Jean Duhulquo et Elie Chaboisseau seront emprisonnés dans la prison royale de La Rochelle .

Jean de Hulgo chirurgien prisonnier en la prison Royale

de cette ville du lieu de Rougne (Urrugne) proche de Saint

Jean de lus Répondant à la signification qui lui a été

faite à la requête de monsieur le procureur du Roy de

L’Admirauté de cette ville de l’arrêt du conseil d’état

     du vingtième janvier dernier

Leurs interrogatoires seront consignés par écrit, c’est ainsi  que les détails de cette affaire apparaissent.

Jean de Hulquo du lieu de Rougne (Urrugne) proche de St Jean de Luz

cy devant chirurgien dans le navire nommé La Chaudière

a sel , agé de vingt deux ans environ , ------------

Par luy fait de nous dire vérité          

Il s’agit donc du Jean Duhulquo né à Urrugne le 19 novembre 1651 (image 67, en bas à droite).Il sera référencé par la suite Jean Duhulquo (I).

Le nom de son frère apparaît dans certains actes de cette procédure. Il s’agit aussi d’un Jean Duhulquo (II),  probablement celui qui est né le 6 septembre 1654 (image 93 antépénultième acte), et qui a dû venir pour aider son aîné à se sortir de ce mauvais pas.

En cet endroit a comparu le dit Duhulquo , par Jean Duhulquo son frère…

Finalement le vaisseau et les marchandises seront vendus lors de trois séances d’enchères successives. Certains enchérisseurs contestant par la suite la qualité des bois qu’ils ont achetés…. L’affaire  durera près de 6 mois.

Elle sera résumée dans l’acte  final du 10 mai 1674 en la chambre criminelle de la Sénéchaussée de La Rochelle, acte non trouvé mais cité dans « les Mélanges de Colbert », recueil des correspondances reçues par Colbert de 1661 à 1677 2, archivé à la Bibliothèque Nationale de France. 

Jean Duhulquo  sera condamné avec les autres marchands et bourgeois impliqués dans cette vente frauduleuse à rembourser

                          « au profit de sa Ma la  somme de trente trois mil

                            livres d’argent monaye qui estait dans le vaisseau

                                           nommé l’amitié de Corossol …….. »

                                 « fait et donné en la chambre criminelle de la

                                                 sénéchaussée  et siège présidial de la ville

                                  et gouvernement de la Rochelle le dixième

                                  jour du mois de may mil six cent soixante

                                                 quatorze. »

Ils sont aussi condamnés avec Gilles Orry et Jean Baptiste (qui ont disparu dans la nature, ils n’avaient pas été emprisonnés), à payer diverses amendes : 12 livres d’amende pour le Roy, 100 livres d’aumône pour les pauvres et 300 livres de frais de justice.

Outre l’arrêt du conseil d’état du 20 janvier 1674 relatif à la prise de l’Amitié de Corossol et la déclarant de bonne prise, il existe aussi un autre arrêt du conseil d’état en date du 23 février 1674 demandant le jugement des « voleurs » car les marchandises ont été « vendues à vil prix et à moins de moitié de leur juste valeur ».Un double de cet acte se trouve dans les arrêts de la Marine pour l’année 1674 aux Archives Nationales (MAR A-1-14) .

 

Dans un autre acte, devant le parquet royal de l’Amirauté de Guyenne, le 15 septembre 1673, Etienne Dhariete décrit les faits de la même manière ( AD33 6B992)  .

Tous ces actes devant le conseil d’Etat, dans la correspondance de Colbert et dans les arrêts de la Marine, ainsi que l’épais dossier du jugement prouvent l’importance de cette affaire.

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Jean Duhulquo aux Antilles et à la côte de Guynée

On trouve plusieurs autres documents sur Jean de Hirigoity dit Duhulquo ( très probablement le "I") dans les archives de l’Amirauté de La Rochelle . Il signait systématiquemnent « Duhulquo »  comme par exemple sur le rôle d’équipage ci-dessous :


                                      Coppie du Rolle de mon équipage du navire

               Le St francois de la rochelle du port d’environ

               quatre vingt thonneaux pour le voyage des illes

               de l’amérique de la présante année 1675

                  Jean duhulquo d’Urrugne capitaine

Une série de documents de l’Amirauté de la Rochelle (B5674 n°208, 209, 210 et 211) donne des détails sur un voyage qu’il fit aux îles françaises de l’Amérique en 1675 : vérification du coffre de médicaments,  passeport pour naviguer, rôle d’équipage et liste des marchandises.

Il naviguait sur le St François, navire de 80 tonneaux, avec 16 hommes, chargé en denrées diverses :

                                    Facture des marchandises chargées dans le navire

                                    le St François , capitaine Jean Duhulquo pour les Iles

                                    françaises de l'Amérique

                                  Premièrement

      Vin                       quatre vingt barriq                                             

      Eau de vie            cent trente deux casta                                           

     farine                  huit barriques cent soixante cast__                                        

 

Ce navire était armé par de Jean de Bortuste armateur de La Rochelle originaire d’Urrugne (Bortustebaita existe encore de nos jours en face de la mairie) qui a affrété de nombreux bateaux pour la pêche à la baleine 1 ou pour le commerce.

Jean de Bortuste continue ses activités de marchand et armateur à La Rochelle. Fréquemment il s’associera avec Antoine Héron , agent royal du domaine d'occident2.

 Le 8 avril 1677 , A. Héron émet un document  (AD17, B 5676) :

 

« Nous, agent royal du domaine Royal d’occident, certifions à tous qu’il appartiendra  avoir délivré au Capne Jean du hulquo une permission  du Roy donnée …. le vingtième mars dernier pour aller avec le vaisseau L’ambuscade (sic !) négocier en guynée et aux Isles de l’amérique … » .

Le rôle d’équipage apparait dans ces documents, « Jean duhulquo d’urrougne en basque » en est le capitaine avec 27 hommes d’équipage essentiellement charentais hormis trois matelots basques de Saint Jean de Luz. Le pilote, Jossue Chailloleau, a emmené son neveu de 12 ans pour ce voyage. A cette époque , on apprenait à naviguer sur le tas. Le vaisseau est armé par Antoine  Héron et Jean de Bortuste.

Parmi les autres documents : la vérification du coffre de médicaments du chirurgien et « l’état des marchandises chargées sur le navire l’Embuscade pour le voyage de guynée à la traite des noirs ».

Le volume relativement faible des marchandises emportées est surprenant (essentiellement 30 barriques d’eau de vie, des barres de fer, ceci étant une "monnaie d'échange classique" pour la traite  en Afrique) ainsi que le petit nombre des membres d’équipage. Ceci laisse supposer  que le navire n’est pas extrêmement important en tonnage , probablement autour de 200 tonneaux (typiquement 50 marins pour un navire de 350 tonneaux).

L'Embuscade est revenue à La Rochelle car, dans deux actes datés de juin 1678, il est fait allusion à un litige entre le canonnier, le thonnelier et Jean Duhulquo.

Ceci semble être le premier voyage de Jean Du Hulquo à la côte de guinée puis aux iles de l’Amérique pour échanger sa « cargaison »  contre des denrées coloniales qui ont du être ramenées à La Rochelle. Ce voyage a probablement été  un succès car Jean du Hulquo repartira à la traite au moins une autre fois.

Ce voyage suivant est extrêmement  bien documenté dans "Voyage d'un voyage de  traite en Guinée , à Cayenne et aux Antilles fait par Jean Barbot en 1678-1679" qui se trouve au British Museum et qui est remarquablement  présenté et mis en valeur par G Debien, M Delafosse et G Thilmans dans le bulletin IFAN tome 40 n°2 Avril 1978.

Le périple de Hulgo ou Hulquo (c’est comme cela qu’il est souvent appelé dans ce document) débuta à Brest le 14 novembre 1678. Hulgo  fit ensuite escale au Havre et repartit le 2 décembre 1678 pour l'Afrique.

 Ceci est aussi attesté dans "l'état des navires appartenant à la compagnie du Sénégal" daté du 29 mai 1679 (AN  COL C 6 1).

La Compagnie du Sénégal 3 était une compagnie créée par Louis XIV en 1673 pour la traite négrière, soit pour fournir les Antilles françaises en esclaves, soit pour  alimenter les galères du Roi à Marseille .

La Marie est le plus gros des navires de cette compagnie pour cette période, 500 tonneaux et 40 canons.

le 8 janvier 1679 Hulgo est au large des côtes d'Afrique, rencontre Barbot et monte sur son navire, le Soleil d'Afrique pour parler à ses marins. (IFAN p294). Ce dernier navire n’était pas affrété par la Compagnie du Sénégal et une certaine animosité semble régner entre Barbot et Hulgo.

le 22 février 1679,  "la Marie" a déjà 200 esclaves.

le 21 mars 1679,  "la Marie" prend un navire danois , "Le jeune Tobie" , dans le golfe de Guinée et confie cette prise au sieur Laguiolle qui la ramena à Dieppe le 28 mars 1680.

Ce navire Danois fut déclaré de bonne prise par décision du conseil d'état du roi du 16  décembre 1680.(AN , E 1802). Il fut renommé le Conquis, et  sera désormais incorporé dans la flotte de la Compagnie du Sénégal sous le capitanat de Laguiolle (ref dans "Voyage de François de Paris", IFAN B 38).Il faut noter que  le Danemark était à l’époque une importante puissance coloniale en Afrique. et que la paix entre la France et  le Danemark fut signée à Fontainebleau le 2 sept 1679.

le 12 avril 1679 , contrat d'assurance , pour le navire " nommé La Marie... commandé par le capitaine Hulguo ou par tel autre capitaine ou maitre qui pourrait commander en sa place pour venir du Sénégal et de la côte d'Afrique à Marseille ou Havre de Grace avec pouvoir de toucher à Cadix  ou autre port d'Espagne pour y décharger le tout ou partie de ses nègres et marchandises....". Cette assurance porte sur le voyage de retour  et en marge il est écrit que le navire est arrivé. (AN Z1D 80). La prime est à 5 %, preuve que, selon les assureurs, les risques sont minimes.

Un précédent voyage de Hulgo est évoqué dans le récit de Barbot, mentionnant une embuscade sur les côtes d'Afrique l'année précédente (donc 1678), ( IFAN p 293)

Ceci est en accord avec sa navigation précédente pour Bortuste et Héron 4.

 La compagnie du Sénégal  subit beaucoup de pertes et dans un arrêt du 9 avril 1680, ces pertes sont  évoquées comme suit" les pertes qu'ils ont souffert depuis huit ou dix mois leur ont causé un préjudice inestimable. Ils ont perdu plus de deux mille nègres ,de ceux chargés aux côtes de Guinée  sur les vaisseaux nommés La Marie ......  commandés par les capitaines Hulquo .....". Ces pertes sur La Marie font elles allusion au voyage de novembre 1678 à avril 1679 ou bien à des pertes subies sur un voyage postérieur dans lequel  le sieur Hulgo aurait pu périr ?

Pour sûr,  le 30 juin 1681 (acte devant Me Bereau de Ciboure) Jean de Hirigoity dit Duhulquo est dit  "décédé à la route des iles de l'Amérique" .

Notes

1 : "les baleiniers basques", Thierry Du Pasquier, éditions SPM

2 : Ferme d'occident ou Domaine d'occident, qui concernait les colonies de la Nouvelle France et des Antilles, était l'une des cinq grosses fermes créées en 1674, qui succédèrent à la  Compagnie française des Indes Occidentales

3 : Voir livre "La compagnie du Sénégal" par Abdoulaye Ly, éditions Karthala.

Jean Baptiste Ducasse,  originaire du Sud Ouest  et qui devint  gouverneur de Saint Domingue et Lieutenant général des armées navales en 1707, est aussi  capitaine de cette compagnie sur le navire "L'entendu".

Un autre capitaine basque  a navigué pour cette même compagnie à la même période. Il s'agit de Pierre de Congerie qui partit à la cote de Guinée  en 1679 et en janvier 1681 pour le compte de la Compagnie du Sénégal (AD17 B 5679 et 5680). Pour le deuxième de ces voyages, le rôle d'équipage indique "Pierre Decongerie capitaine de Saint Jean de Luz, 30ans". Les Congerie , les Duhulquo et les Bortuste, tous d'Urrugne , sont des familles importantes d'Urrugne et souvent  leurs noms figurent ensemble dans des actes notariés.

4 : C’est clairement une erreur de Barbot ou une mauvaise transcription des auteurs de l’article puisqu’en fait l’Embuscade est le nom du navire de Duhulquo lors de son précédent voyage .

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Jean Duhulquo, alias Jean Hirigoity dit Duhulquo

Le lien entre les Hirigoity, nos ancêtres directs et le Jean Duhulquo précédent  est établi dans un acte notarié passé devant Me Béreau de Ciboure le 30 juin 1681(p194 du registre) par « Jean de hirigoity dit duhulquo marinier fils de la maison de Aciendabaita  de (Legarret) d’urrugne » .

L’acte est  difficile à déchiffrer de par son écriture : nous sommes au 17ème siècle sous le règne de Louis XIV.

« Ce jour huy trente (ième)  jour du mois de (juin)

mil six cent quatre vingt un __  midy dans la parroisse »

Il s’agit d’une cession d’une somme d’argent importante , 900 livres , dont le destinataire sera « Me Jean Duhulquo , notaire royal , sieur de la maison de Lissaritz du dit lieu d’Urrugne ,(...) cousin germain » du feu Jean de Hirigoity dit Duhulquo.

Il est fait allusion à un voyage du défunt  « il y a environ sept ans en la ville de Paris » de toute évidence pour régler l’affaire de la prise de l’Amitié de Corossol décrite ci-dessus et aussi d’un acte passé devant Me Demontreau  notaire à La Rochelle le 18 décembre 1673. Ce dernier acte a été trouvé dans le dossier du jugement concernant "l’Amitié" de Corossol, aux archives départementales à La Rochelle, preuve que le Jean Duhulquo de l’affaire devant l’amirauté de La Rochelle et le Jean de Hirigoity dit Duhulquo de la maison Haciendabiata d’Urrugne ne sont qu’une seule et même personne.

Le défunt est dit « Jean de hirigoity dit duhulquo vivant mtrechirurgien et capitaine de navire décédé à la route des iles de l’amérique »

Il apparaît donc bien  

-que la mère du défunt était une « Duhulquo », d’où le nom «dit Duhulquo » et le cousin germain Jean Duhulquo, notaire royal.

-que la famille était fortunée : un cousin notaire royal, sieur de Lissaritz qui est une maison majeure d’Urrugne dont un quartier a gardé le nom encore aujourd’hui. Elle était aussi éduquée car le défunt savait écrire et signer.

 

-que le défunt a navigué au départ de La Rochelle et y faisait des affaires importantes.

-qu’il était non seulement capitaine de navires mais aussi Maître Chirurgien.

La sœur de Jean de Hirigoity (I), décédé à la route des iles, est notre ancêtre Marie Hirigoity (sosa 347) héritière d’aciendabaita qui épousera le 26 avril 1694 (image 582) Martin Camino. Elle est aussi la sœur cadette de l’autre Jean de Hirigoity (II) qui signera l’acte mentionné ci-dessus et qui est déclaré dans ce même acte « frère (unique) et légitime héritier »  

La sœur des Joannis Hirigoity dit Duhulco, Marie, épousera le 26 avril 1694 Martin Camino héritier d’Onabaita qui est aussi une maison importante d’Urrugne. Leurs témoins seront Pierre Camino prêtre et Jean Duhulquo notaire royal.

Le garçon aîné de ce couple, Jean, aura parmi ses fils Michel qui lui-même aura pour fille une autre Marie Camino ; celle-ci épousera Arnaud Balanqué 3, fils d’une famille d’armateurs et de capitaines de Bayonne et qui fut un important maire d’Urrugne durant la période agitée de la révolution 4. Cette Marie était la propriétaire d’Onabaita en 1780.

La fille aînée de Martin Camino, Marie, née en 1697 épousera Pierre Sallaberry  notre sosa 172 le 18 janvier 1729 (image 1197).

La deuxième fille de ce couple, Etiennette, épousera Jean Lafenêtre  capitaine de navire natif d’Urrugne.

Le quatrième enfant, Pierre, deviendra prêtre et pour subvenir à ses besoins « il a été jugé nécessaire que chaque prêtre eut un patrimoine suffisant pour éviter une misère ……qui diminuerait la vénération qui lui est due ». Pour cela son père lui attribuera la maison Pierresehailliabaita ainsi qu’une somme de  240 livres. En échange de quoi il pourra obtenir de l’évêque le titre clérical et le siège vacant  5.

Notes :

1 : Les baleiniers basques  par Thierry Du Pasquier , éd. SPM

2 : Référence du document : « Mélanges de Colbert »  168, f ° 142-153 et Microfilm MF 14402

3 : Contrat de Mariage du 23 01 1780 devant Me Detcherry notaire à Saint Jean de Luz.

4 : « Urrugne » éd Ekaina sous la direction de H. Lamant-Duhart p394.

5 : Patrimoine pour Jean Camino étudiant, devant Me Dhospital le 14 8 1735 à Urrugne.

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Jean Duhulquo, notaire royal et syndic du Biltzar de Labourd

Jean Duhulquo, le notaire royal de la maison de Lissaritz, le cousin germain des Jean Hirigoity dit Duhulquo et de Marie Hirigoity notre ancêtre, était maire-abbé d’Urrugne en 1684. A cette époque, chaque paroisse du Labourd élisait cinq habitants  pour  une période d’un an : quatre jurats et un abbé. La charge ne pouvait être refusée sous peine d’amende. Chaque maître de maison avait une voix dans ce vote.

En 1687 et 1688 il devint syndic général du Biltzar du Labourd, c'est-à-dire qu’il présidait l’assemblée constituée par les représentants (maires-abbés) des communes. (littéralement Biltzar : réunion des anciens, bil zaharrak).

Son syndic général était chargé d’en exécuter les décisions prises, devant en particulier faire valoir l'autonomie locale face aux appétits des fonctionnaires royaux. Sa responsabilité personnelle était engagée lors de retards de paiements des impôts royaux. Il arrivait que certains de ces agents se retrouvent en prison, pour ne pas compromettre ou oblitérer l'indépendance financière de la province.

Le Biltzar avait également une fonction militaire : il gérait une milice de 1.000 hommes chargée de défendre la province.

Enfin, le Labourd, par son Biltzar, avait une compétence diplomatique. Le Biltzar pouvait en effet signer des traités internationaux, appelées "traités de Bonne  Correspondance". Il le fit à plusieurs reprises avec le Parlement anglais ou avec les provinces basques du Sud, notamment lors des guerres engagées par le roi de France. Le Biltzar du Labourd était donc un Parlement doté de pouvoirs très étendus. Il avait en fait compétence globale sur tout ce qui touchait l'administration de la province du Labourd. Cette situation exceptionnelle était accentuée par le fait qu'aucun représentant du roi n'assistait aux séances, et que c'était l'agent exécutif du Biltzar, le syndic général, qui convoquait l'assemblée, et non un agent du roi.

La principale prérogative du Biltzar, à l'instar des autres assemblées locales, la Cour d'Ordre Souletine et les Etats de Basse Navarre, était l'autonomie financière. Il levait non seulement de sa propre autorité les contributions nécessaires à son fonctionnement, mais il approuvait ou négociait le montant de l'impôt perçu au profit du trésor royal. Une fois fixé le montant final, l'assemblée en décidait à sa guise la répartition et le mode de recouvrement.

Le Biltzar prenait ses décisions en deux temps. Dans un premier temps le syndic (secrétaire et trésorier de l’assemblée, d’un mandat de deux ans) convoquait les maires-abbés (voir exemple de convocation) les informait de l’objet de la délibération. Puis ceux-ci, après consultation et discussion au sein des différentes paroisses, se réunissaient à nouveau 8 jours plus tard pour rapporter les réponses de leur « conseils municipaux », sans avoir le droit d’en déroger. C'est le système du mandat impératif : le député n'est que le porte-parole de ses élus. Chaque paroisse possédait une et une seule voix, quel que soit le nombre d’habitants ou de maisons représentés, lors du vote final, constituant ainsi un système de démocratie original.1

Le notaire royal Duhulquo habitait la maison Lissaritz d’Urrugne, une des plus belles de la ville et qui existe encore de nos jours, un peu vieillissante à vrai dire.

Il testera le 4 novembre 1717 devant Me Grangent de Saint Jean de Luz  et fera de sa seconde épouse Marie Chumé Detchegaray son héritière, lui laissant Lissaritz et Duhulquobaita. Ce remariage a du poser problème car il y avait un litige, traité devant les tribunaux, avec sa fille Marie Duhulquo à son sujet 2.

Notes :

1: extrait de Wikipédia

2: Audience de la Grand Chambre, parlement de Bordeaux ,6 mars 1709 (à trouver)

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