La branche patronymique "Sarlangue"

Les origines en Soule

Le plus ancien document connu relatif à cette branche de la famille est un contrat de mariage du temps de Louis XV, en date du 27 février 1753, contrat passé devant Me Jean de Jaureguiberry notaire à Musculdy (Soule) qui concerne Jean de Sarlang fils de feu Dominique de Sarlang et de Marie, cadette de Beillagarry.(p 123 du registre).  Ce Jean est le frère de l’ancêtre Bernard (sosa 64).

Malheureusement les archives paroissiales de Musculdy antérieures à 1786 ont disparu ce qui empêche d’avoir une généalogie parfaite.

Il existe à Musculdy (en Soule, province du Pays Basque ) une maison Beillagarry  visible sur le cadastre napoléonien et aujourd’hui encore il existe un  quartier Bellagarria. Ce patronyme semble t- il a disparu.

Cadastre Napoléonien , Musculdy , planche B1

Une trace bien plus ancienne de ce patronyme se trouve dans le « Censier Gothique de Soule » dont la rédaction fut ordonnée vers 1377 et qui a été recopié en 1690. Ce censier, à but fiscal, indique les redevances annuelles de chaque maison. Il est rédigé en gascon béarnais.1 2

A la rubrique Erbis (ce lieu est aujourd’hui un quartier de Musculdy), il est écrit :

"Item Lostau de Bellagarry de Erbis deu dar cada/ an au Casted dues Conques de froment et deu/ Dar de totes autres Causes Cum Lodit ostau de/ Mendiburue et Ez foec Inthier"

Qui se traduit par :

"Item la maison de Bellagarry de Erbis doit donner chaque année au château (de Mauléon) deux conques de froment et doit donner pour toutes autres causes comme ladite maison de Mendiburue et c'est un feu entier"

Cette maison existait donc au 14e siècle et est la trace la plus ancienne (plus de 600 ans, nous sommes à l’époque de la guerre de cent ans !) relative à notre famille.

Note :

1 : Le censier gothique de Soule , Ricardo Cierbide Martinena, éd. Izpegi. Une copie de ce censier se trouve aux AD 64 sous la cote 1J 293 et la maison Bellagarry apparaît au f° 127. Lorsque vers 1377 est ordonnée la rédaction du « Censier Gothique de Soule »,  Charles V règne en France et essaie de reconquérir son territoire sous domination anglaise. La Soule restera anglaise jusqu’en 1449.

2 : selon Jean Baptiste Orpustan dans son livre « les noms des maisons médiévales en Labourd, Basse Navarre et Soule », ce nom serait la déformation de "Bellagorri", du basque "belharr" = herbe et "gorri" = rouge

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La migration vers la côte Atlantique

L’ancêtre Bernard de Sarlang,  né vers 1740 à Musculdy, émigra ensuite vers la côte Atlantique et épousa Marguerite Occalar de la maison Carnacherenea à Guéthary le 12 décembre 1764 (p 242 du registre).   On l’appelle alors « Bernard Salaranca fils légitime de Domingo de Salaranca et de Marie Cadette de Belagarri de la paroisse de Musculdy en Soule ». Son épouse décéda rapidement et le 9 septembre 1772 il épousa en secondes noces Etiennette Carricaboure héritière de Hachiarenea aussi appelée Estebenenea à Ahetze. (p 50 du registre)

Préalablement ils avaient signé un contrat de mariage le 19 mars 1772 devant Me Garrin  de Bidart (p 256 du registre).  Dans ce contrat, Bernard Salaranca est dit « marchand »  et il semble être dans les « affaires » si l’on en croît les nombreux actes notariés devant ce notaire qui témoignent de ses prêts et remboursements d’argent (obligations et quittances).

On le trouve ainsi dans un acte notarié du 3 octobre 1778 passé devant Me Dhiriart à Ciboure où, s’étant porté caution d’un boucher, il paiera 450 livres pour des pièces de boucherie.

Le premier enfant de ce mariage décèdera à 3 ans et le second  enfant, Jean Salaranca,  sosa 32, né en 1777, se mariera deux fois, suite au décès de sa première épouse.

La première fois il est « Jean Sarlangue » sur l’acte de mariage du 17 brumaire de l’an 14 (8 novembre 1805) et il signe Sarralangua.

La deuxième fois il est «Jean Sarlangue » et il épousera  à 52 ans, Jeanne Haramboure 46 ans, le 8 février 1827, jour même de la naissance de leur fils Jean (sosa 16) et il signe Sarlangue…..  (p 30 et p 79  du registre)

 La vie de ce couple semble originale car dans l’acte du 23 mars 1841 devant Me Félix Dornaldeguy pour la vente de la part de la maison familiale Maillienia qui revenait à Jeanne Haramboure, il est dit que l’épouse habite Ahetze et l’époux Guéthary.

De plus il est dit que Jean Sarlangue est sur le point « de s’embarquer incessamment pour Montevideo » (Uruguay).(p 165 du registre). La vente a pour but de couvrir les frais de son départ en Uruguay. Il a alors 64 ans et ne reviendra pas en France.

Il est parti en Uruguay avec son fils Baptiste né en 1812, fils issu de son premier mariage avec Marie Mendiboure. Ce fils est enregistré en juillet 1841 sous le numéro 4693 (reg 380) au consulat français de Montevideo en tant que laboureur puis de nouveau en décembre 1841 en tant que maçon sous le numéro  5427.(reg 380)

Il n’y a pas de trace de l’enregistrement de Jean Sarlangue au consulat de Montevideo mais beaucoup d’immigrants ne prenaient pas cette peine. Il restera probablement en Uruguay car en 1855 lors du mariage de son fils, il est dit « décédé mais pas inscrit sur les registres d’Etat Civil »  et  « le lieu de son décès et de son dernier domicile »  sont inconnus.  

En février 1842, peu après le départ de son père pour l’Uruguay, son fils Jean, celui né de sa deuxième union avec Jeanne Haramboure, (le sosa 16), s’engagera comme mousse pour la pêche à Saint Pierre et Miquelon sur le Brick le Flétan. Il a donc 15 ans et sera garçon de grave 1 sur cette île lointaine où tant de basques se retrouvent. La vie là-bas ne doit pas lui plaire car à son retour de cette campagne il veut être radié.

Mais est-ce la nécessité de ramener de l’argent à la maison d’où son père est absent ? En tout cas il repart à la pêche en février 1844 et fera trois nouvelles campagnes à St Pierre et Miquelon. Ensuite il sera enrôlé dans la Royale. De nouveau il voudra renoncer à la navigation et sa carrière maritime se terminera en août 1849 après son congé de la Royale. (sources SHD Rochefort, ,matricules 15P3 73/75 et 78).

La famille Sarlangue restera pendant 4 générations à Ahetze et le patronyme s’écrira de nombreuses façons : Sarlangue,Sarlang, Salarangue, Salaranca, Sallaranca, Carlanga, Carlaga,Sarralangua avant de se stabiliser au début du XIX éme siècle sous sa forme actuelle. Ils seront initialement  laboureurs puis Jean, sosa 16, deviendra marin puis tourneur (sur bois) ou chaisier.

La maison Hachiarenea sera la maison de famille  pendant un demi-siècle puis il s’y ajoutera la maison Betritoenia, aussi à Ahetze. Cette maison rentra dans la famille par Dominiquette Balade (sosa 17) qui épousa Jean Sarlangue le 29 avril 1855.  (p 6 du registre)

Ce couple Jean Sarlangue/ Dominiquette Balade aura 14 enfants dont beaucoup se marièrent en Espagne; il est fort probable que les parents y ont émigré.

Parmi eux Jean Charles Sarlangue, dit Pierre ou Piarres en basque, sosa 8, qui épousera  « la plus belle fille d’Irùn » (de ce que mon père Joseph avait entendu dire de Piarres, son grand père), Gabriella Josepha Susperregui, le 15 juillet 1879 à Irùn.

Jean Charles était chaisier et viendra s’établir à Saint Jean de Luz vers 1884. C’est là que naîtront les enfants du couple successivement  maison Verany rue d’Ascain, 25 rue Tourasse, maison Errecalde près de la Halle puis 42 rue Gambetta.

Le mariage sera de nouveau célébré devant le maire de Saint Jean de Luz  le 10 février 1913 avec mention des enfants précédemment nés.

Jean Charles signera de manière maladroite cet acte de mariage.

La maison Hachiarenea (cadastre D 362) sera vendue le 12 février en 1841 devant Me Petit Bernard  par Jean Sarlangue avant son départ pour l’Uruguay.

La maison Betritoenia (cadastre C 199) sera vendue en 1915 (information issue des matrices cadastrales 3P3-2 ,3P3-3 aux  AD 64). Il existe de nos jours  un chemin Betritoenea dans cette commune.

Note :

1 : garçon de grave : il s’agissait souvent d’un jeune marin (mousse) qui faisait des tâches simples dans la chaîne de préparation de la morue pêchée. Traité des pêches, Duhamel de Monceau,1779

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Une branche américaine

Un autre enfant de ce couple Jean Sarlangue/ Dominiquette Balade était Jean Sarlangue né en 1856 qui eu pour fils Juan Luis né en 1882 à Lesaca (Navarre). Celui-ci émigra aux Etats-Unis comme fermier. Tout d’abord parti seul, il revint en Espagne pour chercher sa femme ainsi qu’un frère et une sœur et les ramener aux Etats-Unis.

On le trouve à l’embarquement au départ de Boulogne sur Mer en 1902 sur le bateau La Patricia puis du Havre en 1909 sur  La Lorraine. Lors de cette seconde traversée, il sera accompagné de son frère Mario, de sa soeur Candelaria et de sa femme ou future femme Maria Echenique.. Sur ce même navire il y a aussi Joseph Garro, aussi de Sumbilla, qui a épousé Candelaria ainsi que son frère Miguel Garro. Une autre sœur, Francisca Sarlangue, émigrera sur  le navire Caroline en mars 1910.

Juan Luis sera recensé par la suite pour pour la guerre de 1914 à Coconino, Arizona, et dans le recensement de 1920 habitant de Flagstaff, Arizona. Deux des enfants resteront célibataires et seul le troisième, Juana,  se mariera et aura une fille Francina Garcia (née en 1940 dans la région de Los Angeles). Voici ce que dit la presse locale de San Acacia au Nouveau Mexique à la mort de Juana en 2006 :

Juanita Sarlangue Garcia, 94, passed away on Thursday, November 9, 2006 at her home in San Acacia, NM. She was born May 6, 1912 in Flagstaff, AZ to Juan and Marie (Echenique) Sarlangue. She was the middle child of French Basque immigrants..... When Juanita's brother, Joe Sarlangue died some years ago, Dr. and Mrs. Garcia moved to Sarlangue's little ranch in San Acacia.

Mais ce Juan Luis a eu une seconde vie. Il décida de laisser femmes et enfants aux Etats Unis et d’aller créer une nouvelle famille au Venezuela. Il épousa vers 1940 Joséfina Miranda plus jeune que lui et ils eurent 11 enfants entre 1936 et 1956. Une de ses petites filles, Dayana Sarlangue, née au Venezuela  habite aujourd’hui à Miami.

D’autres immigrants issus du Béarn et portant le même nom sont recensés sur des navires étant arrivés à New York. Il est donc possible que le nom existe plus largement encore aux Etats-Unis.

Le nom Sarlangue subsiste en Argentine, en Uruguay. Certaines de ces branches sont issues d’Issor (Béarn) sans qu’un lien puisse être établi avec nous.

Il existe aussi en Argentine des familles « Sarlanga » dont est issu un trés célèbre joueur de football, Jaime Sarlanga, né en 1916, joueur de Boca Juniors et de l’équipe d’Argentine. Avons-nous des racines communes ?

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L'origine du patronyme

Ce chapitre est celui qui a évolué le plus souvent au fur et à mesure de mes lectures. Il faut se rappeler :

1/ que le patronyme  initialement alternait entre Sarlang et Salaranca ou toute autre écriture avoisinante.

2/ que le Béarn et la Soule se sont beaucoup influencés, voir par exemple le Censier Gothique de Soule rédigé en gascon béarnais.

3/ que le patronyme est lié à une maison.

En Béarn on trouve par exemple des maisons Sarlangue sur le cadastre napoléonien à Issor et à Aydius. Aujourd’hui encore subsiste la ferme Sarlangue à Issor (où se fabrique du fromage de brebis) et il y en aurait aussi  une  à  Osse-en-Aspe.

Cadastre Napoléonien, Issor, planche B1 Bisarce.

Cadastre Napoléonien Aydius, planche TA1.

Dans les documents anciens, le patronyme Sarlangue se retrouve souvent dans les vallées de Barétous (Aramits , Arette, Issor, Lanne en Barétous..) et d’Aspe (Accous, Aydius, Osse en Aspe…).

Quelques documents sur la présence du patronyme en Béarn :

- Décès de Marie Sarlangue à Arette le 23 mai 1669.

- Vers 1690 Gratian de Sarlangue est 1er Jurat à Aydius.

- Dans les comptes de 1706 et 1707 de cette même commune, écrits en Béarnais,on trouve , « le 19 aout 1706 .. ont comparu seulement Jean de Saralangue… ; le 21 janvier 1707 je suis allé a Accous … j’ai payé à Sarelangue… ».

- En 1735 un Sarlangue est jurat de Barétous.

En soule (province basque adjacente du Béarn ) on trouve des maisons Salharanque à Gotein 1 (citée dans le Censier de Soule vers 1377) ou encore, d’après le cadastre napoléonien, à Viodos, Barcus ou Ordiarp, cette paroisse étant limitrophe de Musculdy. Encore de nos jours une voie de Viodos porte ce nom.

Les maisons Salharanque de Viodos , Barcus et Ordiarp (quartier Larhunsun) figurent dans le Censier de Soule sous le nom Salefranque, preuve supplémentaire de l'évolution du patronyme.

 

Cadastre Napoléonien Ordiarp, planche C1.

Cadastre Napoléonien Viodos, planche C1.

Cadastre Napoléonien Barcus, planche C4

 

Quelques documents sur ce patronyme dans cette partie de Soule :

- Le 12 juin 1633, décès de Catherine femme de xx de Salharancq d’Ordiarp.

- En juin 1682 il apparaît aussi un  Bernard de Salharancq dit Echepar de Musculdy. Il  est témoin lors d’un mariage à Ordiarp.

- Le 16 décembre 1692 Bernard de Salharanque de la dite maison de Barcus passe un contrat de mariage devant Me Pierre Dubarbier notaire à Barcus. Il épouse Marie de « Lestart autrement d’Erbin. »

- Le 7 novembre 1710 dans un jugement de la cour de Licharre, il apparaît Pierre de Salharancq fils de Pierre de Salharancq de Viodos.

Selon Jean Tosti  la signification serait d’origine toponymique, l’équivalent de l'occitan serra longa (= la crête allongée). Sarlangue = la crête.

Cependant l’origine qui apparait la plus probable est décrite par Jean Baptiste Orpustan dans son livre « les noms des maisons médiévales en Labourd, Basse Navarre et Soule ». Selon lui, l’origine est à chercher dans le terme « Salle Franque », salle franche ou libre 2 qui se serait transformé en Salharanque et que la phonétique basque aurait transformé en Salaranka . De son côté Salharanque aurait évolué en « Sarlangue » par métathèse, c'est-à-dire par  inversion de phonèmes.

Orpustan de conclure : « ce nom peut être tenu pour « béarno-souletin » puisque ce composé est ignoré des autres provinces basques » 

En l’absence des registres de BMS de Musculdy,  seul un acte notarié autour de 1740 pourrait  éclairer  sur la maison souche de notre famille.

 

Notes :

1 : (http://gotein-libarrenx.fr/histoire.html)

2 : une maison franche est une maison qui ne payait pas d’impôt mais faisait un don annuel volontaire au roi représenté par le capitaine châtelain de Mauléon

 

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